J’ai eu la chance d’assister au What’s Next organisé par Zenika les 26 et 27 mai, au Grand Rex à Paris.
Mon impression générale : une grande réussite ! (Même si je suis déçu de ne pas avoir gagné le Ipad2 mis en jeu par Kaazing, mais là n’est pas le sujet…)
Le jeudi a commencé par un speech sympa d’un des fondateurs de Zenika, puis les hostilités ont commencé par du lourd : Adrian Colyer, co-fondateur de SpringSource, présentait “Enterprise Applications in 2011: Challenges in Development and Deployment, and Spring’s response”. Le titre fait un peu peur, je vous l’accorde, mais il s’agissait simplement de présenter Cloud Foundry de SpringSource, et au passage expliquer en quoi consiste le Platform as a Service (PaaS). En résumant beaucoup, il s’agit de définir au départ quels sont les services qui vont être utilisés par ton application (base de données (relationnelle ou objet), messaging, mais aussi langage, framework …). Tous ces services seront fournis par le cloud, qu’il ne te reste plus qu’à alimenter avec du code. L’équipe de développement peut donc se concentrer sur le code, l’infrastructure étant gérée par le cloud. Avantages : simplicité de déploiement et scalabilité. Pour l’instant, sont pris en charge java (of course !) mais aussi Ruby pour les langages, Spring, Ruby on rails et Sinatra pour les frameworks.
L’après-midi a commencé avec Boris Bokowski, développeur chez IBM Ottawa, venu présenter Orion. Orion est un IDE web (HTML, javascript et CSS) qui tourne lui aussi en cloud. Le principe est le suivant : tu souscris un compte OrionHub, et ensuite tu peux accéder à ton environnement de développement depuis n’importe quel browser. Pour l’instant, les fonctionnalités sont assez basiques, mais il y a pas mal d’idées sympa.
La présentation suivante m’a déçu : l’immense Howard Lewis Ship (créateur de Tapestry, excusez du peu !) présentait Clojure
Clojure est en fait un Lisp qui tourne sur la JVM et peut donc interagir avec des objets Java. Que ceux qui trouvaient Perl illisible jettent donc un oeil à Clojure, succès garanti ! Je n’ai pas compris grand chose au speech de Howie, mais je pense que je n’aurai pas compris beaucoup plus si la présentation avait été en français, tant la syntaxe de Clojure est absconse. Aucune chance donc que je devienne un jour un “clojure evangelist”.
La suite a été assurée par Jevgeni Kabanov, fondateur de ZeroTurnaround, et aussi consommateur fervent de RedBull, visiblement, tant ce garçon était survolté et parlait à toute vitesse. Il présentait JRebel, qui reloade les classes Java à chaud. Et ce produit est miraculeux : plus besoin de relancer Tomcat quand tu modifies une servlet, tu as juste à rafraichir le browser ! Il annonçait 10 minutes de gagnées par heure de développement, et je pense qu’il n’exagère pas. Chaque visiteur est reparti avec une licence d’évaluation valable 3 mois (qui plus est, l’équipe du stand zeroturnaround était vraiment très sympa).
Jags Ramnarayan a pris le relais pour présenter SQLFabric, une base de données pour le cloud (décidément). Sa présentation avait l’air super intéressante, mais je parvenais péniblement à saisir au vol un mot sur 20, j’ai donc rapidement décroché …
Ce fut ensuite au tour de Brad Drysdale, directeur technique chez Kaazing. Il a présenté les websockets. Après un bref rappel sur les technos existantes pour faire du temps réel sur le web, notamment le long polling. Il n’y a pas photo : les websockets enfoncent tout ce qui existe, de par à la fois leur simplicité d’utilisation, et le gain de bande passante qu’elles apportent. En effet, les headers http ne sont transmis que lors du handshake qui initialise la connexion. Par la suite, le websocket ne transmet que les données : sur des gros volumes de données, l’économie est très conséquente. Seul inconvénient : seuls les browsers les plus récents supportent cette technologie. Et c’est là qu’intervient Kaazing, en proposant une gateway qui permet d’ouvrir des websockets avec n’importe quel browser.
A l’issue de cette journée bien chargée, Atlassian payait généreusement sa tournée : bière à volonté !!
Le vendredi commença en douceur avec Neal Gafter, un des concepteurs du JDK 5, qui a aujourd’hui rejoint Microsoft… Son exposé un peu long sur l’histoire des versions de Java, et le nombre de visiteurs au Java One, de la création à nos jours, fut heureusement ponctué de colles tirées de son livre Java Puzzlers, histoire de remettre à leur place ceux qui pensaient avoir fait le tour du langage.
Il a cédé la place à Thomas Conté, de Microsoft France, venu présenter Windows Azure, la solution cloud made in Microsoft. J’avoue que je suis parti au bout de 10 minutes, installer une appli sur un serveur Windows étant contraire à mes pratiques religieuses.
Je suis revenu pour écouter Rob Harrop, ingénieur chez SpringSource, qui présentait RabbitMQ, la solution de messaging de SpringSource. Pour m’être cassé la tête sur ActiveMQ voici quelques mois, je n’ai pas manqué d’apprécier la simplicité d’utilisation de cette solution. Ses avantages : simplicité, pas besoin d’un serveur d’applis full JEE, multi langages (Java, Python, Ruby, Perl etc.), tant pour la partie client que serveur, multi protocoles ‘AMQP, STOMP, HTTP…). Couplé à des websockets, je pense que ça peut faire très mal pour l’affichage de données temps réel, genre cours de bourse.
L’après-midi fut dominée par Michaêl Chaize, consultant chez Adobe France, venu présenter Flex, et notamment les nouveautés de la version 4.5. Ormis le fait que son exposé m’a furieusement donné envie de me mettre à Flex, l’outil de développement d’applis mobiles, compatibles Iphone/Ipad/Android/Blackberry semble vraiment interressant. Par ailleurs, l’interaction Flex/Java parait assez naturelle, via BlazeDS, ou GraniteDS. Enfin, sa partie sur live cycle collaboration service laisse apercevoir pas mal de possibilités pour tout ce qui est communication temps réel (conférences, collaboration…).
L’intervenant suivant m’a beaucoup moins enthousiasmé : Jonas Bonér a présenté Akka. Si un lecteur a compris à quoi ça peut bien servir, qu’il n’hésite pas à laisser un commentaire !
En conclusion, je pense que What’s Next était vraiment l’endroit où il fallait être si on aime Java et tout ce qui tourne autour. Et même si je ne suis pas convaincu que toutes les technos présentées sont amenées à jouer un rôle important dans les mois à venir, il se dégage quand même une tendance : le cloud !
Merci à Zenika pour avoir organisé un si bel évènement, merci aux intervenants pour la qualité de leurs présentations, et merci à mon chef vénéré, pour m’avoir permis d’y assister !